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Un rêve ordinaire

 
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Le Rêveur
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MessagePosté le: Jeu 17 Nov - 05:07 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

9e jour du mois de Nalathian de l'an 2533 après le Grand Incendie


Une forêt luxuriante. Les rais solaires passant par l’orée des arbres éclairant un sentier. Une route usitée fréquemment. Le choc de fers contre la terre et les cailloux. Le renâclement d’un cheval ployant sous le poids de sa cavalière. Un mulet tirant un chariot mené par son mari derrière. Un monstre surgissant devant les deux humains. Un éclat rouge sauvage flamboyant dans son regard. Sa main griffue transperçant deux cœurs. De la femme, puis de l’homme. La créature s’en allant comme si de rien n’était.

Songe étrange que celui-ci. Cela n’empêcha que je le quittai sans regret. Il m’avait l’air pourtant si réel. Autant que la vie, en fait.

Je me levai de ma couche lentement savourant cet instant fragile entre la frontière des rêves et de la vie. Je me dirigeai ensuite vers la pièce à vivre. Là, le feu mourait dans l’âtre que je m’empressai de réveiller. Dans une petite marmite au-dessus, le souper de la veille se réchauffait. Le temps qu’il soit à ma convenance, j’allai jeter un coup d’œil dehors.

La luminosité extérieure était faible. Mais, mes yeux perçaient sans problème ce voile d’obscurité mourante. Le vent secouait les branches des arbres proches. Un vent frais donnant envie de rejoindre la douce chaleur de mes rêves. En parlant de chaleur, le repas matinal devait être prêt.

En le goûtant, je réalisai que c’était effectivement le cas. Je m’en servis une bonne assiettée que j’engloutis avec délectation. Je voulus en reprendre davantage pour me tenir chaud, mais mon appétit avait eu raison du repas. Le chaudron était vide.

Fichtre ! Et Alia qui ne devrait tarder à quitter le monde onirique. Pas d’autres choix que d’aller faire des emplettes. Je me couvris avant de partir pour rapporter de quoi satisfaire mon trésor et ceins Réveil à ma taille.

Le vent froid m’enveloppait tandis que mes pas me portaient vers le village le plus proche. Ahir, petit groupement d’une vingtaine d’habitations. Il était situé à une journée de marche de Gaorh. Et ma maison, à une petite heure d’Ahir. Juste le temps donc de faire l’aller-retour avant que ma chère lève-tard ne soit réveillée depuis trop longtemps.

Puis, à mi-chemin, tandis que je rejoignais le sentier liant Gaorh et Ahir, j’entendis le son caractéristique de sabots ferrés. Probablement des rêves errants ou voyageurs. Oh, si Sorlas était de bonne disposition, peut être des marchands. Ceci afin de raccourcir le trajet, ô combien ennuyeux.

Il s’agissait d’une femme menant un fier cheval à la robe claire ouvrant la marche à une mule tractant un chariot rempli du résultat de nombreuses chasses dirigé par un homme. Les deux personnes étaient vêtues de vêtements sombres et chauds, probablement de la fourrure identique à celle transportée par, ô joie, les deux marchands.

La scène me rappela fortement le songe matinal. Tout y était identique, excepté la présence du monstre au regard ensanglanté. En y repensant, il avait les mêmes yeux que moi. Donc, c’était sous cette forme que je m’étais vu. Intéressant.

Une question me tarauda l’esprit un court instant. Allais-je agir à l’encontre de mon rêve ou le réaliser ?

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Dernière édition par Le Rêveur le Sam 3 Déc - 00:16 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 17 Nov - 05:07 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Le Rêveur
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MessagePosté le: Ven 18 Nov - 02:56 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

Finalement, je décidai de me conduire en être civilisé. Alia ne me l’aurait pardonné si j’avais commis ce massacre. Le taire n’aurait aucunement servi, elle avait cette capacité intéressante de deviner lorsque je versais le sang.

De plus, priver cette terre de la porteuse de si magnifiques yeux saphir m’aurait peiné. Cependant, la mort de l’homme ne m’aurait aucunement attristé. J’y aurais probablement éprouvé de la satisfaction.

Bref, la solution restante consistait à acheter le repas pour ma chère enfant. Je m’approchai de la femme, grande, semblant musclée sous ses nombreux vêtements, cheveux bruns courts, un visage concentré et deux magnifiques iris d’un bleu envoûtant. Le fait qu’elle mène leur convoi réduit montrait qu’elle dirigeait.


« Bien le bonjour chers rêves ! » fis-je en avançant calmement avec ce qui pourrait passer pour un sourire amical.
« Ho ! » lança la brune pour calmer sa monture que ma présence avait dû effrayer. « Que veux-tu voyageur ? » dit-elle sèchement.
« Paix, cher rêve agressif. Je ne désire uniquement qu’un partage, un échange. Une faible partie du résultat de votre chasse contre des pièces sonnantes et trébuchantes. »

Pour prouver mes dires et intentions, je dévoilai ma bourse et la secouai, faisant tinter son contenu. Je vis passer un éclat de cupidité sur le rude visage féminin. Ainsi qu’un sourire de convoitise chez l’homme, petit, trapu, échevelé, aux traits grossiers et aux yeux d’un bleu sans commune mesure avec ceux de sa compagne.

Sorlas m’avait amené des marchands ayant un très fort intérêt pour le métal noble. La façon dont les dieux influaient sur ce monde me fit sourire à mon tour. Je ne regrettai aucunement ma venue en cet univers.


« Parlons donc affaires, voyageur. »
« A votre guise, cher rêve commerçant. »
« J’ai peur que le contenu de ta bourse ne te permette d’obtenir grand-chose. » dit-elle.
« Excepté la vie sauve. » fit le petit homme qui se tenait à présent à terre à droite de sa femme.

Ils ne dissimulaient plus leur sourire carnassier. Ni leurs armes. Une hache à un seul tranchant pour le chauve et une longue et fine épée pour la cavalière.

Zut ! Et moi qui n’avais eu l’intention de les tuer initialement. Il ne me restait plus qu’à espérer que ce qu’ils transportaient suffirait à apaiser Alia.


« Soit ! » fis-je d’un air déçu. « Voici votre récompense. » dis-je en lançant ma bourse au visage de l’homme.

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MessagePosté le: Sam 19 Nov - 02:13 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

J’eus la satisfaction de voir la bourse s’écraser contre son faciès. Je profitai de la surprise pour dégainer Réveil et plonger vers le petit homme. Voir la vie quitter ses yeux tandis que ma rapière transperçait de part en part son frêle cœur me combla de bonheur. Surtout que je n’aimais pas son regard.

« Jher ! » cria tristement la femme. « Tu vas me le payer, sale chien ! » me cracha-t-elle au visage.
« Calme, cher rêve suicidaire. Mettre un terme à ma vie ne fera pas revenir ce… Jher. »
« Il sera vengé, ça me suffit. »
« Comment comptez-vous vous y prendre, cher rêve optimiste ? »
« En te tuant, assassin ! »
« Certes, une bonne idée. Mourir pourrait se révéler intéressant, seulement ma fille ne me le pardonnerait. »
« Prépare-toi salaud ! » dit-elle tandis qu’elle poussa son cheval vers moi.

Je n’eus d’autre choix que de plonger pour éviter l’assaut.


« Holà, cher rêve belliqueux. Vous allez finir par blesser quelqu’un et je ne tiens aucunement à vous tuer. Ma fille ne l’apprécierait pas. »
« Laisse-toi donc tuer alors ! »

Et, elle fonça à nouveau vers moi. Mais, cette fois, l’épée au clair. Un autre plongeon me mit hors de danger.

« Puis-je vous pousser à revoir votre position, cher rêve sanguinaire ? »
« Non ! »

Sa lame siffla près de mon visage. Puis, elle revint à nouveau. Elle s’acharnait à essayer d’abimer davantage mon visage déjà marqué par le temps et mes actes. A sa façon de se battre, ne comptant pas sur sa monture, je sus qu’elle n’était pas une combattante aguerrie.

« Puis-je souligner que vous n’arriverez à rien de cette manière ? »
« Non, bats-toi et arrête de fuir comme un lâche ! »
« Je ne veux nullement vous tuer, cher rêve insistant. Le rêve disparu n’était qu’un accident dû à mon impulsivité. Priver ce monde de si magnifiques yeux que sont les vôtres me peinerait. »

Elle s’arrêta brusquement dans sa furie vaine. Avais-je réussi à la raisonner ? Je ne pouvais que l’espérer. A présent, paraissant plus disposée, elle me regardait du haut de sa monture d’un air étrange. Je crus même la voir rougir, mais ça me parut improbable.

« Que… que me veux-tu, meurtrier ? » me demanda-t-elle d’une voix que je perçus moins dure qu’auparavant.
« Rien de plus que de la nourriture, cher rêve trop cupide. Je n’ai aucune intention de te faire rencontrer Nosh aujourd’hui. Que dirais-tu d’en rester là et de partir ? Rien ne t’empêchera de revenir plus tard pour te venger, avec de l’aide bien évidemment. Je suis certain qu’Ohtar approuverait cette solution. »

Je la vis hésiter. Elle devait lutter entre l’envie irrépressible de me tuer de suite ou revenir plus tard avec une force armée plus conséquente sans certitude de me retrouver. Je savais déjà quel serait le bon choix pour elle. La fuite. Elle n’avait même pas une once de chance de me blesser. Je me sentis obligé de l’aider à prendre la bonne décision.

« Cela vous aidera-t-il si je vous révélais le lieu où je vis, cher rêve perplexe ? »

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MessagePosté le: Dim 20 Nov - 02:46 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

« Parle toujours, monstre ! »
« Ce nom me fait mal, cher rêve insultant. » fis-je faussement blessé. « Sinon, j’habite dans une maison isolée un peu au nord de ce point. En marchant, une demi-heure. Avec une monture, vous devriez arriver plus rapidement. Satisfaite ? »
« Non. »
« Certes, cela était évident. Cependant, à présent, vous savez où je loge. Ainsi que ma fille. J’y tiens plus qu’à la prunelle de mes yeux. » rajoutai-je. « Et, si jamais, nous ne sommes présents lors de votre venue vengeresse, brûler mon habitation vous fera patienter avant de nous donner la chasse. Et, comme on le sait, la chasse est aussi importante pour le chasseur que la mise à mort. » terminai-je avec un fin sourire.

Je commençai à m’impatienter. Cette histoire allait me faire perdre plus de temps que je pensai en gagner initialement. Et, je n’avais aucune envie de rajouter cela aux contrariétés qu’Alia allait subir par ma faute.


« Alors, que décidez-vous ? »
« Je veux ta peau ! » cracha-t-elle. « Tu as raison sur une chose, je ne peux t’atteindre ici et maintenant. Mais, tu m’as donné une meilleure idée. » répondit-elle avec un sourire mauvais.
« Je sens que vous avez pris la mauvaise décision, cher rêve éploré. »
« Pour toi salaud ! Pour toi ! »

A son ton, j’avais deviné qu’elle ne comptait pas fuir pour revenir en force. Mais, je n’avais aucune idée de ce qu’elle comptait faire de suite.

Je ne pus donc qu’assister passivement à son départ précipité au grand galop. Vers le nord. Vers ma maison. Vers ma chérie. Je la vis disparaître tandis qu’elle poussait sa monture à fond en poussant des cris pour l’encourager.

La folle ! Elle n’aurait pas dû agir ainsi. Elle allait le regretter amèrement. Et, Nosh aurait un nouvel invité avant la fin de la journée. Mais, pas forcément tous les morceaux en même temps.

Me presser n’avait aucun intérêt, je ne pourrais arriver avant le rêve vengeur. Alors, autant en profiter pour effectuer ce que je comptais faire à l’origine. Mes achats. Sauf, qu’à présent, je n’avais à dépenser le contenu de ma bourse que je ramassai près du récent cadavre. Puis, je montai dans le chariot et tentai de diriger le baudet.

Je n’y parvins. Je n’eus donc d’autre choix que de descendre et de le mener par la bride.

Le fait de savoir qu’un carnage m’attendait à mon retour m’empêcha d’apprécier le retour. Surtout que je devais mener une bête récalcitrante.

Et, enfin, j’aperçus la maison. Je laissai mon chargement là et me rendis à grands pas vers l’entrée. J’ouvris la porte et aussitôt une forte odeur de sang se fit sentir.


« Alia ! Alia, ma chérie, tu es là ? Ca va ? »

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MessagePosté le: Lun 21 Nov - 03:41 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

« Alia ! » réitérai-je.
« Oui ? » me répondit une voix tremblotante.
« Tu es où ma chérie ? »
« Dans ma chambre. »
« Ca va ? »
« Oui… oui, oui. »

Je traversai prudemment la pièce principale. Je notai au passage qu’elle était telle que je l’avais laissée. La chambre était proche. Je me préparai au spectacle qui allait s’offrir à moi. A l’odeur, je savais déjà qu’il ne serait agréable. Je fermai les yeux un instant avant d’entrer.

Et, avant que je ne puisse ni réagir ni ouvrir les yeux, on me sauta dessus. Je tombai en arrière sous l’impact. Je me cognai la tête par terre. Cela dû me sonner car tout fut noir quelques instants. Un instant sans rêve. Un instant détestable.


« Papa ! » fut ce qui m’accueillit à mon retour.

Un visage angélique se tenait au dessus du mien. Le sang qui le recouvrait gâchait la vision. Ainsi que le sourire moqueur.

« Ca va papa ? » demanda-t-elle en riant. « Tu veux que je t’aide à te relever ? » fit-elle en se redressant et me tendant une main rougie.
« C’est bon, ça va. Je peux me mettre debout seul. » fis-je vexé.

Une fois à la verticale, je me massai le crâne. J’étais quitte pour une bonne bosse. Et, pour continuer dans les choses désagréables, j’entrai dans la chambre d’Alia.

Comme, je m’y étais attendu, le corps de l’autre femme gisait sans vie près du lit. Du sang recouvrait le sol autour de la morte. Ainsi que partout où il avait pu gicler. Laissé là, négligemment, la dague encore couverte de sang que ma fille avait avec elle en permanence, même au lit.

Pourquoi ne pouvait-elle tuer sans commettre un tel massacre ? Et surtout un massacre si salissant. De plus, elle aurait pu éviter de faire cela dans sa chambre. A présent, il allait falloir tout nettoyer. Et, la suite n’allait pas s’annoncer très agréable. Principalement pour moi. Un soupir de dépit se révélait être de circonstance. Je soupirai donc.

Je quittai la chambre au bordel déprimant. Alia n’était pas en vue. Elle devait donc être dehors. Je la trouvai donc près du chariot en train d’en fouiller le contenu.


« Eh, t’as trouvé ça où, papa ? » me demanda-t-elle lorsqu’elle m’entendit approcher.

Evidemment, elle avait déjà oublié la femme qu’elle venait de tuer. C’en était désespérant de voir qu’Alia n’accordait que peu d’importance aux invités de Nosh. Y compris ceux qu’elle lui envoyait.


« Sur le chemin. Au même endroit que la femme que tu as tuée. »
« Une femme ? Quelle femme ? » demanda-t-elle. « Ah ! Celle de tout à l’heure ? » réalisa-t-elle enfin. « C’est grâce à toi alors ? Oh, merci beaucoup papa ! » fit-elle joyeusement avant de sauter du chariot et de me bondir dessus.

Cette fois, j’étais prêt. Je ne bougeai qu’à peine sous l’impact. J’eus le droit à un gros câlin. Ce fut agréable. Heureusement que je ne devais pas lui amener d’une manière ou d’une autre quelqu’un à massacrer pour recevoir un tel élan d’affection à chaque fois. Sinon, je ne ferais que cela. Ce n’est pas que cela me déplairait, mais après il faut nettoyer. Et, ce n’est nullement agréable.

L’étreinte étant terminée, il me fallait passer de l’agréable au désagréable. Et là, je m’attendais vraiment au pire.


« Alia, maintenant que tu t’es bien amusée, il est temps que tu ranges et surtout nettoies ta chambre. »

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MessagePosté le: Mar 22 Nov - 02:45 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

« Non. »

Et voilà, c’était parti. Je soupirai à nouveau. Puis, je me préparai à l’épreuve qui allait suivre. J’aurais vraiment dû les tuer tous les deux. La réprimande d’Alia aurait été moins désagréable que la discussion qui commençait.

« Pourquoi ? » demandai-je en ayant conscience de l’inutilité d’une telle question.
« Je l’ai déjà rangée y’a que deux saisons. »
« Ce n’est pas une raison. Tu as vu dans quel état elle se trouve à présent ? »
« Oui. » fit-elle avec un grand sourire.
« Et, tu trouves qu’elle est bien rangée et propre. »
« Non, mais j’m’en fiche. »
« Et, il y a du sang partout. » dis-je avant de me rendre compte que je n’aurais pas dû en parler.
« Justement, j’adore. La décoration est trop bien comme ça. » fit-elle gaiement.

Nouveau soupir. De dépit. Ca allait être dur. Très dur.


« L’odeur va devenir insupportable très rapidement si tu ne laves pas ce bordel. »
« Et alors ? Toutes mes copines ont ça dans leur chambre ! Ah, bah non, j’ai pas d’amis parc’qu’on vit dans un coin complètement paumé ! »
« Quoi ? Mais, tu n’as jamais voulu déménager. C’est quoi cette nouvelle lubie ? »
« Bah, maintenant, je veux. »
« Pas question. Et, je te signale que toutes tes amies, elles ne le sont pas restées longtemps, juste le temps que tu les tues en fait. »
« Mais, pourquoi ? T’es trop injuste. J’te demande jamais rien. Et là, pour une fois. Bah, il faut que tu dises non. T’es vraiment un tyran, un monstre ! »
« Dois-je te rappeler que tu m’as demandé un cerf pas plus tard qu’il y a trois jours ? Cerf que tu as évidemment éviscéré. »
« Ah oui, c’est vrai, je me suis bien amusée avec lui. » dit-elle avec un grand sourire.
« Et, le lapin, dont je ne compte plus le nombre de demandes, de la semaine dernière ? Tu l’as torturé toute une journée en lui arrachant d’abord les oreilles et la queue, puis les poils un par un. Ce qui l’a sauvé, c’est qu’il n’a pas tenu le coup, et qu’il s’est effondré en plein milieu de ton amusement. »
« Ouais, mais ça compte pas ça. Il est mort trop vite. J’ai pas pu vraiment jouer avec. »
« Tu veux que je continue avec toutes tes autres supposées non-demandes ? »
« Non, c’est bon ! Mais, j’rangerai pas ma chambre pour autant. » fit-elle d’un air buté.

Pourquoi avait-il fallu que ma chérie hérite du tempérament de mon amour que je n’enlace qu’uniquement dans mes rêves les plus agréables ? Je suis sûr qu’Eriana aurait pu lui faire entendre raison. En douceur qui plus est. Car, elle était capable de se révéler aussi douce qu’elle pouvait être dure. C’était une partie d’elle qui m’avait charmé.

Seulement, elle n’était plus, et son aide m’était indisponible. Il ne me restait plus qu’à me montrer davantage autoritaire.


« Bon, tu vas ranger ta chambre et la nettoyer de fond en comble. Ca inclut enterrer le cadavre avec les autres dehors et effacer la moindre trace de sang. Sinon… » m’énervai-je.
« Sinon, quoi ? » dit-elle avec son sourire narquois.

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MessagePosté le: Mer 23 Nov - 00:40 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

« Tu veux vraiment le savoir ? » dis-je énervé, exaspéré et dépité.
« Oui ! »
« Tu es sûre ? »
« Oui. »
« Vraiment sûre ? Vraiment, vraiment sûre ? »
« Tu comptes me le demander encore combien de fois, papa ? » me demanda-t-elle en soupirant.
« Tu fuis ma question. » lui répondis-je de mauvaise foi.
« Toi aussi. » dit-elle avec un léger sourire.
« Je suis ton père. » fis-je d’un ton sans appel.
« Et moi, je suis ta fille chérie adorée que tu aimes le plus au monde, mon papounet d’amour. » continua-t-elle les yeux brillants de malice.

Elle se moquait de moi. Ce n’était pas acceptable. Intolérable, même. Elle méritait une sévère punition. Mais, elle m’avait appelé son papounet d’amour.

Je sentis une vague de bonheur parcourir mon corps. La commissure de mes lèvres se releva jusqu’à ce que mon visage arbore un sourire que l’on pourrait qualifier de niais. Je ne pouvais me contrôler. J’adorais me faire appeler par ce sobriquet par Alia. Mais, je détestais qu’elle s’en serve de cette manière. Mais, je l’aimais tant. Mon amour. Mon trésor. Ma fille chérie.

Rah, la fourbe ! Essayer de m’avoir de cette manière. Tellement déloyal. J’en serais presque fier si ce n’était moi dont elle se jouait ainsi. Mais, comment résister à cette merveille ? Comment refuser quelque chose à celle qui me regardait avec des yeux si pétillants. Si, plein de vie. Si beaux.

Non ! Je devais rester ferme et me montrer intransigeant. J’étais le père, non mais ! Le maître de cette maison. Ce n’était pas mon enfant qui allait faire la loi ici quand même. Certes, elle la faisait fréquemment. Donc, raison de plus de me montrer ferme. Sinon, elle ne m’obéirait plus jamais.


« Alia, tu vas m’obéir de suite et ranger ta chambre. Et, ce n’est pas négociable. » dis-je aussi fermement que je le pus.
« Non. Pas envie. Fais-le, toi. »
« Alia. » fis-je en chargeant son nom d’une menace en suspens.
« Oui, mais non. Je suis pas là pour passer mon temps à ranger ou ma chambre ou la maison. »
« Tu ne fais aucun des deux. » rétorquai-je.
« Bah alors, on a qu’à continuer pareil. »
« Non. Je t’ai donné un ordre et je veux que tu l’exécutes. »
« Et ben, tu sais où tu peux te mettre ton ordre, papa. »

Quelle insolence ! Quel manque de respect ! Jamais encore elle n’avait osé me parler de la sorte. Y compris la dernière fois où je lui avais demandé de ranger sa chambre.

« Tu le prends ainsi. Soit. Et bien, puisque c’est ainsi, tu es punie. A partir de maintenant, et ce, jusqu’à ce que ta chambre soit propre. Donc, tu rentres bien vite à la maison et interdiction de sortir de ta chambre. Et plus vite que ça ! » fulminai-je.

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MessagePosté le: Mer 23 Nov - 12:12 (2011)    Sujet du message: Un rêve ordinaire Répondre en citant

« Pas question ! »

Là, elle me surprit. Elle me poussa sans ménagement. Normalement, un tel geste n’aurait un fort impact. Seulement, réalisée par mon trésor, il me déstabilisa. Je reculai d’un pas avant de rester comme statufié.

Alia, ma chérie, en profita pour courir vers le cheval qui paissait tranquillement et que je n’avais remarqué plus tôt. Elle lui sauta dessus et le fit partir au galop. Je n’avais aucune idée qu’elle savait monter.

Et, avant que je ne puisse réagir à nouveau, elle était déjà hors de vue. Je n’entendais pas plus le bruit des sabots de sa monture contre le sol irrégulier. J’étais seul.


« Alia ! Alia ! Reviens ! » criai-je.

Je savais déjà que cela était inutile. Mais, que pouvais-je faire d’autre ? Que devais-je faire ? C’était la première fois qu’elle partait. Ainsi, sur un coup de tête. En proie à la colère. Qui pouvait dire ce dont elle serait capable dans cet état ? Moi, évidemment, mais ça n’aiderait nullement les personnes qu’elle croiserait.

Que faire ? La suivre ? Attendre ? Demander de l’aide ? Non, la dernière idée était mauvaise. Qui voudrait m’aider à cela ? Personne dans les environs. Et, la suivre, comment ? Son cheval était trop rapide pour moi. Attendre alors ? Oui, ce devait être la bonne décision. Elle allait revenir de toute manière, non ? Oui, c’est ça. J’allais patienter.

Tiens, et pour lui faire plaisir lorsqu’elle reviendrait, car elle allait revenir j’en étais sûr et certain, j’allais nettoyer sa chambre. Oui, en faisant ça, elle serait contente. Une chambre propre et bien rangée, c’était ce qu’il lui fallait, non ?

Mais, avant, il me fallait m’occuper du contenu du chariot. En peu de temps, le tout avait rejoint nos autres possessions dans la cave. L’entrée se trouvait à l’arrière de la maison. J’y laissai l’âne et le chariot à côté.

Ensuite, dans le jardin de Nosh, nom qu’Alia lui avait donné à cause des cadavres divers que je devais y enterrer, je creusai un nouveau trou. La femme, dont je ne saurais jamais qui elle était, y finit, recouverte de la terre ayant servi pour le reboucher.

Puis, j’ai passé le reste de la journée à nettoyer et débarrasser sa chambre de tout le sang qui la souillait. Il restait encore ses draps que je laverais le lendemain. J’en mis des propres à la place.

Voilà, sa chambre était enfin convenable. Ce ne fut difficile. J’avais même remis sa dague, bien nettoyée, sous son oreiller.

Lorsque je repris conscience du temps, je me rendis compte qu’il faisait déjà nuit. La face d’Eblenn resplendissait dans les cieux sombres. Et, Alia n’était toujours pas revenue. Où était-elle ? J’espérais qu’elle n’avait rien, qu’elle allait bien et qu’elle serait vite, très vite, à la maison.

Je ne pouvais plus qu’attendre passivement, patiemment. Son absence me démoralisait tant que je n’avais le courage ni la force de manger. J’allai me coucher ainsi. Je m’endormis rapidement et passait une nuit sans songe.

Deux autres suivirent, identiques.


12e jour du mois de Nalathian de l'an 2533 après le Grand Incendie

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