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A la recherche d'un rêve

 
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Le Rêveur
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MessagePosté le: Sam 3 Déc - 02:30 (2011)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve Répondre en citant

13e jour du mois de Nalathian de l’an 2533 après le Grand Incendie


Un bruit sourd, faible et régulier me tira de mon sommeil. Je me redressai dans le lit inconfortable. Le drap sale et miteux découvrit le haut de mon corps. L’air frais soudainement sur ma peau me fit frissonner. Je restai un instant à trembler sans faire le moindre geste. Je réalisai enfin que ce qui m’avait réveillé n’était que mes propres battements de cœur. Ils m’avaient sorti des ténèbres dénuées de songes.

Depuis le départ inattendu d’Alia, les rêves ne me rendaient plus leurs visites nocturnes habituelles. Ils ne m’avaient cependant abandonné. Eblenn et Serefàn ne semblaient pouvoir se trouver près de moi au même instant. Au contraire, dès qu’Athian se montrait, les portes du monde onirique m’étaient de nouveau ouvertes. Mais, je n’arrivais plus à contrôler mes allées et venues dans cet univers fantasmagorique.

Grâce, ou à cause de ceux-ci, je me retrouvai dans ce bouge. Une auberge, même si elle ne méritait cette appellation, nommée ‘Le pendu décapité’. J’étais arrivé la veille, guidé par mes rêves diurnes. Je savais que certains appelleraient ceci d’hallucinations. Et, je ne pourrais leur donner tort ne parvenant plus à les différencier de ce qui était nommé réalité.

Je ne savais ni comment ni pourquoi j’étais dans cette chambre lamentable. Je profitai de ce moment de répit, de lucidité, pour observer mon environnement. Une lucarne poussiéreuse laissait filtrer comme avec regret la pâle lueur lunaire. Le lit n’était qu’une immonde paillasse humide et poisseuse. Mes vêtements, Réveil et mon sac étaient à portée de main. Rien d’autre dans la pièce étriquée. Le tour fut donc vite fait.

Je laissai donc vagabonder mon esprit, fermant les yeux, espérant ne pas sombrer dans les ténèbres. Pour lutter contre cela, je repoussai le mince drap laissant le froid m’agresser. Cela devrait me tenir éveillé.

Je tentai de rassembler les lambeaux de souvenirs égarés et disparates des derniers jours. Ce fut laborieux. La veille, j’avais quitté ma, notre, maison dans l’espoir de retrouver mon trésor. Bien emmitouflé pour me protéger du vent glacé et de la neige tombant encore légèrement. Là, les souvenirs étaient flous. Il ne me restait que la sensation du choc de sabots contre moi, la souffrance du bris de membres, ainsi qu’une impression de rapidité. Cela s’était dirigé vers Gaorh, ainsi avais-je fait de même.

La cité atteinte, je m’étais renseigné. Après nombreuses fausses pistes, j’avais perdu l’espoir de retrouver ma fille dans cette ville. Nombreux étaient ceux persuadés d’avoir vu Alia. Nombreux furent ceux qui le regrettèrent. Le dernier indice en date indiquait qu’une fille de l’âge de mon enfant portant des habits ensanglantés se trouverait à l’auberge ‘Le pendu décapité’. Le nom ne m’inspirait aucune confiance, mais je me devais de vérifier tout de même.

Cela expliquait ma présence dans cet établissement. Mais, pas le fait que j’y passais la nuit. Etant à présent réveillé, j’avais la possibilité d’enquêter sur ceci. Je m’habillai rapidement, passai Réveil à ma ceinture et décidai de quitter la pièce insalubre.

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MessagePosté le: Sam 3 Déc - 02:30 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Le Rêveur
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 05:27 (2011)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve Répondre en citant

Ne sachant à quoi m’attendre, je décidai d’agir furtivement. Mes yeux habitués, à présent, à l’obscurité ambiante m’aideraient dans cette tâche. Mes habits étaient d’un marron banal, j’espérais que cela me dissimulerait dans cette auberge.

Mais, dès le départ, je ne fus aidé par le bâtiment ancien. La poignée crissa lorsque je la manipulai et la porte grinça à son ouverture. Je me crispai en entendant ce bruit assourdissant ébranlant la nuit silencieuse. Je tendis l’oreille et l’absence de réaction me rassura.

J’émergeai dans un couloir étroit et sombre. Ainsi que court. De mon côté, une porte à gauche et trois à droite. Et, quatre en face. Une seule fenêtre apportait un semblant d’éclairage, au fond à droite. Près de cette ouverture, une sortie possible en cas de problème, un escalier descendait. Il était de l’autre côté du couloir et devait déboucher sur la salle principale.

Si j’avais décidé de passer la nuit ici, c’est que j’avais dû penser qu’Alia serait là. Donc, je devais fouiller toutes les chambres, une par une. Autant débuter par le plus simple. Le plus proche. La pièce à ma gauche.

Nombreuses furent les questions se bousculant dans mon esprit. Seulement, les réponses m’étaient inaccessibles. Aussi, décidai-je de les ignorer. Pour cela, il me fallait agir.

Je marchai vers ma première destination faisant évidemment grincer le vieux plancher. Heureusement, trois pas suffirent. L’oreille collée à la porte crasseuse, j’écoutai. Rien sinon le silence.

La porte n’étant verrouillée, je pénétrai sans souci autre que le bruit. La pièce était vide à l’exception d’une minable paillasse éventrée. Je sortis et m’attaquai à la pièce en face. Elle aussi se révéla vide.

J’avais déjà exploré sept chambres. Toutes inoccupées. J’étais de plus en plus tendu et énervé de ne rien trouver. Ce devait encore être une fausse piste. Cependant, il restait les deux pièces proches de l’escalier. Je pris celle du côté de ma chambre.

La porte n’offrit que la résistance due à son piteux état. Je ne remarquai que maintenant qu’elle n’avait pas de serrure. Et, ce devait aussi être le cas des autres. J’entrai dans une pièce sombre, trop sombre. Eblenn était bannie de la chambre par une sorte de drap opaque occultant la fenêtre. Du moins, son côté lumineux.

Je repérai une forme allongée sur la caricature de lit. Enfin, quelqu’un dans ce taudis. Malheureusement, j’avais dû faire du bruit, enfin trop de bruit, car la silhouette bougea. Et, bien plus qu’elle ne l’aurait dû sous l’influence d’un rêve ou encore d’un cauchemar. Peste ! Elle se réveillait. Ne sachant l’identité de la personne, je doutais fortement qu’elle apprécie ma présence.

J’allais sortir lorsque je captai le son caractéristique de quelqu’un empruntant l’escalier. Le bois craquant sous le poids. Coincé, je réfléchis rapidement sans trouver de solution réellement satisfaisante. Je me tapis dans le coin trop proche de la porte à mon goût. Je mis la main sur Réveil ne la tirant de suite voulant éviter le vacarme qui s’ensuivrait si je dégainais.

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Le Conteur
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MessagePosté le: Mer 7 Déc - 23:22 (2011)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve Répondre en citant

L’homme qui montait les escaliers s’arrêta. Il appela quelqu’un :
« Jens, viens voir. »
Le Rêveur entendit alors d’autres pas, plus légers, et bientôt, il put entendre que les deux hommes marchaient jusqu’à la porte.
« Mais où est passé ce fils de chien ? »
« Je sais pas où ils se sont tirés, ces amoureux à deux sous, mais on va lui casser la gueule à cet enfoiré. J’crois que je vais lui arracher les yeux. »
« Ouais. »
Les deux hommes s’interrompirent brutalement.
« Attends, t’entends pas quelque chose là ? »
L’autre personne ne répondit pas, et se contenta de mettre doucement sur la poignée. Celle-ci grinça, s’ouvrant très légèrement. Le Rêveur se mit un peu plus dans l’ombre, arrêtant de respirer. L’homme entrebâilla la porte, et passa sa tête à l’intérieur. C’était un Humain, globalement laid, aux yeux porcins et au nez empâté. Le Rêveur put sentir qu’il s’était saoulé avec un tord-boyau bon marché, sûrement à l’avoine. Mais il ne semblait pourtant pas ivre pour le moins du monde. Malgré son inspection minutieuse, il ne remarqua pas le Rêveur, judicieusement caché.
« Y a qu’une femme qui dort ici. Mais c’est pas celle qu’on cherche. » fit finalement l’homme aux yeux porcins, en refermant la porte rapidement et sans (pratiquement) un bruit. Les deux hommes repartirent rapidement, et le Rêveur entendit distinctement leurs pas dans les escaliers.

Le Rêveur allait pouvoir sortir, mais soudainement, la femme s’éveilla. Elle se tourna, visage contre l’oreiller, pas véritablement décidée à se lever. Mais la femme entendit l’une des lattes du plancher craquait sous le poids de l’intrus. Elle se tourna et, demandant d’une voix faible, elle fit :
« Wykor ? C’est toi mon chou ? Viens, s’il te plaît… »
Et, en se levant lentement pour voir le Rêveur, il se rendit compte de la méprise. Et elle poussa un hurlement strident. Alors même qu’il se décidait à prendre la poudre d’escampette, un Ange massif ouvrit la porte, dégainant son épée et la pointant sur la gorge du Rêveur avec une vitesse surprenante. Il le fit reculer de deux bons mètres, jusqu’à ce qu’il tape sur la parodie de sommier. L’Ange, certainement le fameux Wykor, regarda droit dans les yeux le Rêveur. Celui-ci sentit une autre lame sur son dos. Au vu de la pression exercée, quelque chose de plus court. Une dague, visiblement. La femme n’était si démunie que cela, démontrant que le coup d’œil du Rêveur n’avait pas été suffisant…
« Explique-moi ce que tu fais ici, ou ton cadavre ira nourrir les rats des égouts. » lui murmura la femme dans le creux de l’oreille, appuyant sa dague entre les omoplates de sa proie.

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MessagePosté le: Sam 10 Déc - 02:28 (2011)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve Répondre en citant

J’eus juste le temps de me rencogner avant de sentir une odeur désagréable émanant de la porte. Plus précisément de la personne y ayant passé la tête. Je retins mon souffle et cela sembla suffire. Pour échapper aussi bien à la recherche qu’à la senteur infecte.

Du temps passa. Quelques longues secondes, minutes tout au plus. Je n’entendis plus de bruit. Excepté celui de la respiration féminine. Etrange, je la pensais sur le point de se réveiller à mon entrée. Erreur de jugement.

J’allais enfin sortir pour explorer la dernière chambre lorsque la femme me surprit. A présent, elle était réveillée. Et, elle me prenait pour autrui. Je n’y comprenais plus rien. Et, avant que les problèmes ne se compliquent, je décidai de partir, de fuir. Je n’en eus le temps.

Je finis coincé entre un ange qui venait pour, je le supposai sans grand risque de me tromper, sauver la femme et justement celle qui avait appelée à l’aide. L’un me menaçait à la gorge avec son épée, finement effilée ne puis-je m’empêcher de remarquer, et l’autre dans le dos avec un instrument tout aussi pointu. Et, ils me demandaient d’expliquer ma présence sous peine d’une mort colorée, lente, douloureuse et très désagréable. Ce que je n’envisageai de suite.


« Calme chers rêves agressifs. » fis-je en levant lentement les mains en un geste d’apaisement. « Je peux tout-à-fait vous expliquer la raison de ma présence en ce lieu. Seulement, cela risque d’être assez long. Mais… »

Je sentis la lame dans mon dos me piquer davantage, me poussant à parler. Ce que j’avais l’intention de faire depuis le début pourtant.

« Paix, cher rêve piquant. Cela ne ferait qu’entraîner des complications. Il pourrait y avoir des morts. Et, il est très probable que j’en ferais partie et je n’y tiens absolument pas. Alors, baissez votre arme ou pousser moins fortement. Cela dans mon intérêt évidemment. »

Je vis un coup d’œil fugace de l’ange en direction de la femme. Aussitôt, la douleur qui commençait à poindre reflua, sans pour autant que je ne sente plus l’arme. Je pouvais ainsi reprendre plus confortablement.

« Il vous faut tout d’abord savoir que je suis père d’une fille de seize ans. » commençai-je. « Et non, je ne tiens nullement à vous inspirer de la pitié ou tout autre sentiment similaire. » précisai-je.

Je racontai donc l’amour que je portais à ma fille, la dispute ayant mené à son départ sans entrer dans les détails sanguinolents, la douleur suite à cette absence, ma recherche infructueuse et finalement l’indice m’ayant mené en cette auberge puis mon exploration m’ayant conduit en cette chambre amenant à cette situation.


« Alors, comment allons-nous régler ce différent, chers rêves attentifs ? Allez-vous me faire souffrir mille tourments, me tuer proprement et rapidement, m’aider dans ma quête ou me laisser partir ? Evidemment, j’ai une légère préférence pour la dernière proposition. Mais, loin de moi l’idée de vous forcer la main. »

L’attitude de l’ange était pour moi indéchiffrable. En même temps, je n’avais jamais été doué pour lire le comportement d’autrui. Mais, peut être que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve. Cependant, j’en doutais très fortement, le royaume onirique m’étant interdit la nuit depuis quelques jours.

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MessagePosté le: Dim 11 Déc - 00:00 (2011)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve Répondre en citant

Au fur et à mesure du récit, l'Ange et l'Humaine se détendirent relativement, et éloignèrent progressivement leurs armes du Rêveur. Lorsque celui-ci eut fini, ils se regardèrent, et sûrs d'eux, rengainèrent leurs armes. Cependant, alors même que le psychotique personnage qui leur faisait face put enfin souffler, les deux sourirent. Avec ce genre de sourires plein de sous-entendus et désagréables. L'Humaine et l'Ange se regardèrent, avec cet air complice caractéristique des amoureux qui savent des choses sur l'affaire en question - en y réfléchissant, l'Humaine n'était pas finalement une simple catin, mais la compagne du dénommé Wykor. Sans attendre une réaction de leur otage, l'Humaine se leva - dans sa tenue légère que la morale impériale condamnerait - et passa devant le Rêveur, pour revêtir ses habits qui contrastaient nettement avec la décrépitude de l'auberge. le port d'un corset, accessoire des plus coûteux et plus souvent trouvés entre les mains des bourgeois et des nobles, ne faisaient que confirmer cette théorie.

« Permettez-moi de me présenter, messire : Wykor Aliam, aventurier. Et voici, ma compagne, la belle... »
« Ophy Tauril, fit-elle en mettant son pantalon et en jetant un coup d’œil furtif au Rêveur, elle aussi aventurière. »
Ophy se détourna du Rêveur, qui ne semblait pas intéressé le moins du monde par les formes généreuses qu'Edda avait offerte à l'Humaine. Cependant, l'Ange suivait le moindre de ses mouvements, en ignorant les faits et gestes du Rêveur - alors même que celui-ci accaparait toute son attention voilà quelques instants.
D'un geste expert, elle noua ses longs cheveux châtains, avant d'enfiler rapidement sa chemise échancrée, bien trop provocante pour la société impériale pétrie des plus nobles intentions envers la femme. D'ailleurs, ce pantalon était lui-même la preuve de sa dépravation, de son adoration des lutins, de ses pactes avec des korrigans, ou de la nécromancie qu'elle pratiquait. Enfin, sans doute, mais ce n'était point sûr.

Une fois prête, elle se contenta de jeter un sac à dos à Wykor, et prit par la même occasion un autre sac à dos, visiblement le sien. Elle désigna le Rêveur et lui fit :
« Passez devant, on va avoir à parler, je pense. »

***


Pendant ce temps, un Ange, un "Chasseur", se dirigeait sous la neige vers une auberge des bas-quartiers nommée "Le Pendu Décapité". Ces raclures des plus basses classes sociales humaines étaient désespérantes, et cela même dans le choix de leurs noms d'établissements pour ivrognes, catins et autres spadassins sans le moindre sou...

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MessagePosté le: Dim 11 Déc - 04:25 (2011)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve Répondre en citant

Bien, j’avais réussi à les ramener à de meilleurs sentiments. Même si je n’avais aucune idée réelle de ce qu’ils ressentaient. Au moins, ils ne désiraient plus ma mort. Et, seul cela comptait.

Suite au relâchement de la tension, j’eus même le droit de connaître leurs prénoms ainsi que leurs professions. Je ne fus même pas étonné par ce qu’ils faisaient. De toute façon, ils auraient pu révéler être des assassins, des troubadours ou des gardes, cela n’aurait pas changé grand-chose.

Puis, la femme, Ophy comme elle s’appelait, passa devant moi. L’obscurité ne put cacher sa nudité et ses appas. Un bref regard me suffit pour me convaincre qu’elle n’arrivait à la cheville de ma regrettée Eriana. Elle possédait une beauté trop vulgaire à mon goût. Je préférais le charme discret et indéniable de la mère d’Alia. Ma fille avait hérité de cela et ferait des ravages parmi la gente masculine si seulement elle la côtoyait.

Pendant que je me plongeai dans le passé, les deux aventuriers terminaient leurs préparatifs. Enfin, l’ange me sortit de mes pensées me signifiant de le suivre. De le précéder plus exactement. Ce que je fis sans discuter.

Un instant, je voulus récupérer mon bagage, mais n’en tint compte. Il n’allait s’enfuir. De plus, l’Ailé avait titillé mon intérêt. Il disait avoir à me parler. Mais, de quoi ? De ma chère disparue, ma fille adorée ? Avait-il des nouvelles d’Alia ? Je n’osais concevoir d’infondés espoirs.

Nous descendîmes donc dans la salle. Un espace très chichement éclairé par des bougies à la lueur pâle et radine dégageant une fumée opaque et grasse. J’aperçus trois poivrots cuvant avachis devant une chopine crasseuse remplie – plus ou moins selon la personne – d’un liquide brunâtre cherchant à se faire passer pour de la bière. Il y avait d’autres personnes, peu, moins imbibées, mais aucune ne fit attention à nous plus de deux secondes. Derrière le comptoir, l’aubergiste s’affairait à salir plus que nettoyer une chope à l’aide d’un tissu qui autrefois dût être d’une coloration s’approchant du blanc mais à présent plus noir que de la suie. L’homme pour lequel le terme ingrat semblait avoir été défini d’après lui affichait le sourire éternel du commerçant dévoilant une dentition déplorable où les dents saines devaient se sentir seules parmi celles pourries et manquantes.

Le couple décida de nous attabler dans un coin sombre, davantage que les autres, à l’opposée de l’entrée. Et, malgré l’heure nocturne tardive, l’ange désirait se sustenter. Ce qui n’était mon cas.


« Alors, qu’est qui veut l’emplumé ? » demanda le tenancier lorsque l’ange s’approcha.

Devant une telle insulte, je ne doute pas que j’aurais empalé l’édenté. Mais, l’ange n’agit ainsi. Il ne fit rien. Visible par ma personne. Il resta calme d’apparence. Cependant, l’insulteur pâlit très fortement et resta coi un instant. Avant de retrouver son air habituel. Je ne sais ce qu’avait fait le dénommé Wykor mais cela avait fait forte impression. Sauf que rien ne pouvait longuement marquer un commerçant aguerri.

L’ange revint s’asseoir tandis que le tavernier partit remplir une écuelle d’une nourriture censément à la bassesse de l’établissement minable. L’aventurier devait posséder un solide estomac. Ou des envies suicidaires.


« Vous disiez désirer me parler, chers rêves amoureux. De quoi s’agit-il ? » demandai-je voulant meubler le silence qui m’indisposait.
« Ah, intrigué, n’est-ce pas ? » fit l’ange sarcastique.
« Amour, laisse-moi le lui révéler. »
« A ta guise, ma belle. »
« Pour faire court, nous avons croisé ta fille. Elle avait l’air très pressée. Elle a fichu le camp sans demander son reste. »
« Quoi ? Pourquoi ? Quand ? Elle va bien ? Elle n’a rien ? » m’énervai-je subitement.
« Tu n’aurais dû tant résumer ma chérie. » dit l’ange tandis que la femme haussait les épaules. « Alia s’est attirée les foudres d’un homme influent, Careryn Naubofn. Une personne très peu recommandable. Toutes les personnes suffisamment censées ne lui cherchent de noises. Comme ma tendre l’a déjà dit, nous avons vu votre fille quittant cette auberge il y a deux jours. Nous avons ensuite entendu des rumeurs selon lesquelles elle aurait déboulé chez lui déclenchant une pagaille monstre. Rien de plus précis n’a filtré mais toujours est-il qu’elle est recherchée morte ou vive avec une préférence pour l’état décédé. »

Je ne savais si je devais être rassuré ou non. Alia avait encore réussi à se mettre dans le pétrin. Une de ses spécialités que j’appréciais le moins. Cependant, j’avais enfin des nouvelles de mon trésor. Pas des plus récentes, mais plus que celles que je n'avais déjà. Puis, je m’interrogeai sur les révélations du couple. Un détail me turlupinait.

« Qu’avez-vous à gagner en me racontant tout ceci, chers rêves révélateurs ? » demandai-je une pointe de méfiance dans la voix.

Tous ceux que j’avais précédemment croisés n’avaient parlé qu’uniquement sous la contrainte de Réveil. Je doutais donc fortement des bonnes intentions affichées des deux aventuriers.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:23 (2017)    Sujet du message: A la recherche d'un rêve

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